Événements et Conférences

Événements et Conférences


L’isolement cause

ou conséquences de la dépression

Date: 14 Juin 2018 à 18h00

Ferme du Charmois Salle Michel Dinet   2 ,rue du Charmois Vandoeuvre-les-Nancy

Conférence proposée par France dépression Lorraine et animée par le Dr Jérôme Lerond du centre psychothérapique de Nancy.

La dépression, maladie fréquente et d’origine multifactorielle, a pour conséquence une restriction des relations sociales (familiales, amicales, affectives). Cet isolement consécutif à la maladie constitue un véritable cercle vicieux, car il alimente encore davantage l’état dépressif. Or ” l ‘homme est un animal social” disait Aristote… Au cours de cette conférence, il sera évoqué les relations à double sens dépression-isolement et les moyens pour y remédier, qui constituent de véritables “antidépresseurs.

 

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Le conférencier, après avoir cité, d’entrée de jeu, Aristote, commence par un rappel clinique sur la dépression (beaucoup de gens dans le public viennent pour la première fois). Il  rappelle qu’il s’agit d’une pathologie qui touche 15% de la population à un moment de sa vie, deux fois plus de femmes (une femme sur cinq) que d’hommes (alors que 10% de la population masculine seulement est touchée). Pourquoi ? : Les hormones féminines protectrices du cerveau sont davantage « fluctuantes » chez les femmes : cycle menstruel /grossesse/naissance avec le classique baby blues… Elles sont davantage soumises à des agressions sexuelles, sont veuves plus facilement (car elles vivent plus longtemps), enfin sont souvent le noyau de familles monoparentales avec le poids que cela suppose.

Le Docteur rappelle que les trois symptômes de la dépression sont :

1- Une tristesse accompagnée d’absence de plaisir aux tâches qui naguère en procuraient (anhédonie), voire de sentiment de culpabilité et d’angoisse…

2- Un ralentissement psychomoteur avec une difficulté à se concentrer à réfléchir,  une fatigue inexpliquée (ou psychasthénie) avec une propension à ne plus vouloir quitter son lit (ou clinophilie).

3- les inappétences sexuelles, troubles de l’appétit et du sommeil. Il faut constater la persistance de ces symptômes au moins trois semaines avant de parler de dépression…

Le Docteur fait ensuite un état des lieux de l’Isolement en France qui atteindrait 12% de la population de plus de 18 ans et concerne surtout les zones rurales (désertification des campagnes, transports difficiles …) : la solitude est en liaison avec départ des enfants de la maison,  le  chômage, la  pauvreté, le veuvage ou le divorce, les maladies chroniques comme le  diabète ou l’hypertension, les handicaps, l’ emprisonnement, des pathologies comme l’agoraphobie, ou autres phobies sociales (peur de parler en public, d’acheter, de demander l’heure ).

Comment contrer la solitude, facteur ou conséquence de la dépression ? Demander ce qu’on peut faire pour aider la personne en souffrance,  proposer des activités  sans les imposer, sans culpabiliser : rester bienveillant et empathique sans sur-réagir ou sembler gêné, ce qui augmenterait les obsessions négatives du solitaire. Parfois un changement de lieu peut être bénéfique, voire une hospitalisation. En tout cas, il faut  maintenir, entretenir autour de lui au maximum ses relations sociales …

La neurobiologie explique notre propension à imiter (une mimique, un geste par exemple d’un sportif en action que l’on contemple) en isolant ce qu’on appelle les «neurones miroirs» » Il en va de même  pour les sentiments, le  processus d’empathie : ces neurones ont besoin d’être activés sans cesse. Les individus qui ont été soumis précocement à de la maltraitance peuvent ne pas développer pas ce  penchant à l’empathie, c’est le cas de certains psychopathes). Le développement du commerce en ligne, les relations factices sur les réseaux sociaux, entrainent une aggravation de la solitude : participer à la vie associative, continuer à travailler,  développer des relations sociales  de qualité, bouger,  vivre ses passions plus intensément peuvent au contraire la  combattre efficacement.

«  La pauvreté la plus terrible est la solitude, le sentiment de ne pas être aimé. » Mère Térésa

En réponse à des questions de la salle : Il y a bien deux types de dépression, réactionnelles (en réponse directe à un événement traumatique) et une autre plus sournoise dite endogène due à des facteurs héréditaires (descendants de déportés/ transmission intergénérationnelles de trauma…) ceci sur des tempéraments plus ou moins « résilients ». La résistance de Dominique Strass-Khan à ce qui aurait détruit un autre est assez remarquable et dépend, bien sûr, de  facteurs environnementaux.

La dépression demande six mois de traitement et doit se soigner impérativement : si elle ne l’est pas ou mal, il y a risque de récidive ! La sismothérapie est utilisée en cas de dépression résistante aux médicaments. Il reste qu’il y aura toujours des tempéraments plus ou moins vulnérables par nature (on parle de « vulnérabilité cognitive ») : les uns plus pessimistes qu’optimistes,  verre à moitié plein ou à moitié vide : c’est pourtant toujours le même verre !

Nous sommes reconnaissants au Docteur Lerond pour cette mise au point, pleine de modestie et de bienveillance, sur une souffrance qui affecte bien des personnes autour de nous et qui menace chacun de nous, s’il ne fait l’effort, certes coûteux au début, de se tourner vers les autres : c’est la raison d’être de notre association.

Marie-Hélène P


Epuisement professionnel et burn out

Date : 7 juillet 2016

L’association France-Dépression a été auditionnée dans le cadre de la mission d’information de l’Assemblée nationale sur l’épuisement professionnel, 7 juillet 2016

http://videos.assemblee-nationale.fr/video.4143274_577e411737e43.syndrome-d-epuisement-professionnel–table-ronde-avec-des-associations–m-patrick-legeron-psychi-7-juillet-2016

Le rapport a été adopté par la Commission des Affaires sociales le 15 février 2017.

 

Conférence de France Dépression sur le burn out

Date : 9 octobre 2015

Lieu: Palais du Luxembourg à Paris

Pour la 12ème Journée Européenne de la Dépression du 1er au 10 octobre 2015, l’Association France-Dépression a choisi de sensibiliser le grand public à la dépression liée au travail et au syndrome d’épuisement professionnel, plus connu sous le terme de burn out.. La souffrance psychique liée au travail, en constante augmentation ces dernières années, atteindrait aujourd’hui près de 480 000 salariés en France (étude InVS 2015) et la fréquence des troubles associés augmente avec l’âge.

L’événement a été soutenu par le Ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, la Cité de la Santé et placé sous le Haut Patronage de Jean-Paul Delevoye, Président du Conseil économique, social et environnemental.

Phénomène sociétal ? Nouvelle maladie professionnelle ? Forme spécifique de dépression ? Conséquence d’une addiction au travail, d’une réaction au stress ? Quelles actions de prévention possibles ? Et comment gérer les risques psychosociaux face aux impératifs managériaux ? Autant de thèmes essentiels, accessibles et actuels, qui seront abordés lors de conférences, de débats, d’ateliers, sur des stands d’information, etc.

Du 1er au 10 octobre 2015, des événements gratuits, ouverts à tous et animés par des experts ont été organisés à Paris et dans 11 villes de France.  A Paris, le vendredi 9 octobre à 14 h au palais du Luxembourg mais également à Auxerre, Bordeaux, Dijon, Grenoble, Lorient, Nancy, Poitiers, Rouen, Strasbourg et Toulouse.

La manifestation du vendredi 9 octobre a réuni plus de 240 personnes au Palais du Luxembourg à Paris sur le thème du Burn-out et de la dépression liée au travail. Gérard Sebaoun, député de la 4e circonscription du Val d’Oise, membre de la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale et Président du groupe d’étude “Pénibilité du travail, santé au travail et maladies professionnelles” a ouvert la journée par un discours sur le rôle et les responsabilités du législateur en matière de politiques de santé publique, et en particulier de santé mentale et de Burn-out.

Le Dr Patrick Légeron, psychiatre à l’hôpital Sainte-Anne, fondateur du Cabinet Stimulus et auteur du rapport sur les risques psychosociaux pour le ministre du travail, a ensuite introduit la première table ronde dont le sujet était « La réalité et les enjeux du Burn-out ». Imane Khireddine-Medouni (médecin épidémiologiste, coordonnateur du programme santé mentale et travail au sein de l’InVS, Institut national de veille sanitaire), Philippe Zawieja (chercheur associé à Mines ParisTech, coordonnateur de la cellule recherche et du Comité scientifique et éthique international du groupe ORPEA), Linda Constans-Lesne (médecin du travail chez Orange) et Arnaud Dupuis (consultant en entreprise pour la gestion des risques psychosociaux (Arnaud Dupuis Conseil), animateur d’un atelier de reconstruction de l’estime de soi chez France-Dépression) sont intervenus sur ce thème pour tenter de définir le Burn-out et d’établir un état des lieux de la situation actuelle en France, y compris d’un point de vue épidémiologique. Les intervenants sont également revenus sur les différences entre dépression et Burn-out, deux termes proches mais non pas identiques, ainsi que sur les causes, à la fois organisationnelles et individuelles du Burn-out.

Après un premier temps de discussion avec le public autour des thématiques abordées, Patrick Légeron a lancé la seconde table ronde, au sujet des actions de prévention possibles face au Burn-out. Laurent Gamet (Avocat associé, Flichy Grangé Avocats, Universitaire, Directeur de l’IEJ de Paris 13 et du master de droit social), Nicolas Brosset (médecin du travail Site de production de Mulhouse, médecin référent Risques Psychosociaux du Groupe PSA Peugeot Citroën), Arnaud Dupuis (cf supra), Laurence Ziani (DRH de Sysmex) et Valérie Langevin (INRS, département E.C.T.) ont discuté cette question de la prévention des risques psycho-sociaux, à la fois du point de vue du droit, de la médecine du travail ou encore du management et de l’organisation du travail. A également été rappelée l’importance au niveau de l’individu de se cultiver, de prendre le temps de se connaître et de s’écouter afin de ne pas tomber dans cet écueil de la vie professionnelle.